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ZOOM – Manif’ anti-mariage gay : qui cause des débordements ? (26/05/13)

Ce dimanche 26 mai 2013, les opposants au mariage gay organisent une nouvelle manifestation, alors que la loi a été promulguée il y a une semaine. Plus de 200 000 manifestants sont attendus à Paris, un certain nombre d’entre eux faisant le déplacement en bus depuis la province.

Le climat est tendu et des débordements sont à craindre. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est inquiet. « Selon les informations que nous avons, il y a des menaces de débordements de groupes extrémistes [qui veulent] s’en prendre aux symboles de la République qu’ils haïssent » déclare-t-il. Il déconseille aux familles avec des enfants de se rendre à la manifestation. Risques réels enregistrés ou stratégie pour décourager les manifestants ? Cela reste à déterminer. Toujours est-il que 4500 policiers ont été mobilisés pour surveiller les quatre cortèges qui vont défiler dans les rues de la capitale dans la journée. La méfiance des autorités peut s’expliquer par les excès dont les plus radicaux ont déjà pu faire preuve, lors de manifestations précédentes.

ZOOM – Manif’ anti-mariage gay : qui cause des débordements ? (26/05/13) dans Zoom 201303251348

Le Printemps Français : une incitation à la violence ?

Depuis février 2013, de nombreux opposants à la loi sur le mariage pour tous se regroupent sous le nom de Printemps Français. Ce mouvement, plus radical que celui de Frigide Barjot, n’a ni statut officiel ni structure établie et s’organise principalement via les réseaux sociaux.

Le Printemps Français a son propre site Internet, qui dénonce une « idéologie » conduisant à « la ruine de la civilisation ». Dans un communiqué datant du 21 mai et publié sur ce site, le Printemps Français appelle à « une nouvelle résistance », face à une loi qui irait « contre les lois de la biologie et contre tout sens commun ». On peut y lire également que « la France est actuellement soumise à des forces qui veulent l’asservir entièrement. La bataille ne fait que commencer. Elle se prolongera jusqu’à la victoire ». Plusieurs « cibles » sont définies explicitement : « le gouvernement actuel et tous ses appendices », « les partis politiques de la collaboration », ainsi que les lobbys « où s’élaborent les programmes de l’idéologie et les organes qui la diffusent ».

Manuel Valls note la radicalisation du discours du Printemps Français et juge « inacceptables » les propos tenus sur le site Internet. Depuis quelques jours, il étudie même la possibilité de l’interdire, estimant qu’il incite à la violence.

Béatrice Bourges, porte-parole auto-proclamée de ce mouvement au contour encore flou, rejette l’accusation. Selon elle, ce n’est pas le Printemps français qui a causé les débordements, lors des dernières manifestations. « Quand la civilisation est en danger, on a le droit de se défendre. Nos mots sont forts, mais il n’y a aucun appel à la violence de notre part » assure-t-elle.

Pourtant, le Printemps français s’est fait remarquer par ses opérations « coups de poing », comme la tentative de marche sur l’Elysée qui a dégénéré en affrontement avec les CRS le 24 mars dernier. Des actes de vandalisme ont également été mené au nom du mouvement.

Les groupes d’extrême droite responsables ?

Manuel Valls évoque également la responsabilité de certains groupes radicaux d’extrême droite (comme Action française, Jeunesses identitaires, Troisième Voie ou encore Jeunesses nationalistes) dans les débordements. Leurs militants, dont la détermination semble renforcée depuis le suicide de l’écrivain Dominique Venner, figure intellectuelle d’extrême droite et farouche opposant au mariage gay, « veulent venir en nombre pour créer l’affrontement et le désordre ». Selon le ministre, ils  se sont déjà infiltrés dans les manifestations précédentes, et les ont utilisé comme moyens de contester les pouvoirs publics et d’affronter les forces de l’ordre.

Bien qu’en très petite minorité (pas plus de quelques centaines par manifestation), ces activistes d’extrême droite peuvent avoir un effet d’entraînement sur les autres manifestants. Pris dans une sorte d’ « excitation collective irrationnelle », ceux-ci peuvent à leur tour s’en prendre aux forces de l’ordre, comme l’explique le criminologue Christophe Soullez au site Atlantico.

La violence comme stratégie pour être plus visible.

Christophe Soullez souligne que la violence et les affrontements avec la police ne sont généralement pas fortuits. Il ne semble pas que ce soient les circonstances qui entrainent les débordements, mais qu’il s’agit bien, en fait, d’une stratégie.

« Lors des dernières manifestations on a pu noter que si la quasi majorité des manifestants, regroupant hommes, femmes et parfois enfants, de toutes catégories sociales, s’était comportée normalement. Une minorité, aspirant à plus de visibilité, avait jouer la carte de l’affrontement et de la provocation espérant ainsi celle-ci entraînerait des réponses disproportionnées des autorités permettant ainsi de les mettre en cause et de prendre à témoin l’opinion publique. C’est une méthode vieille comme le monde lorsqu’on souhaite fragiliser le pouvoir » explique-t-il.

E.R.


  1. Ju écrit:

    Comment ces manifestants peuvent-ils assumer cette intolérance injustifiable à notre époque ?

    Citer | Posté 27 mai 2013, 17:10

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